Héritière de Cesária Évora, la chanteuse cap-verdienne Céuzany Pires sort son quatrième album, consacré aux violences faites aux femmes, sur des sonorités afrobeat et zouk.
Elle chante pieds nus, comme son illustre aînée. À 35 ans, Céuzany Pires s'impose comme la nouvelle voix d'or du Cap-Vert. Son quatrième album porte un message qui dépasse la musique : celui de la libération des femmes face aux violences domestiques.
Originaire de l'île de São Vicente, Céuzany Pires est souvent comparée à Cesária Évora, la « diva aux pieds nus » qui a fait connaître au monde entier la morna, aux mélodies douces et nostalgiques, et la coladeira, au rythme plus vif. Elle a commencé à chanter à 12 ans lors d'un concours, et n'a plus jamais arrêté. Mère de deux enfants, elle dit devoir son goût pour la musique à sa grand-mère, qui rêvait d'une carrière d'artiste que sa famille lui avait interdite.
Ce quatrième disque est « spécial », explique l'artiste, parce qu'il parle de violence domestique. Elle est passée par là : elle a trouvé la force de quitter une relation toxique qui a duré près de cinq ans. Elle transforme aujourd'hui cette épreuve en outil de sensibilisation.
Le titre emblématique du disque, « No tchal tê li » (« On s'arrête là »), est devenu un cri collectif. À Mindelo, lors d'un concert dans un bar, plusieurs femmes du public ont repris le refrain avec elle, émues aux larmes.
Sur le plan musical, l'album mêle saxophone, percussions et cavaquinho, cet instrument populaire à quatre cordes. Certains morceaux sont plus épurés, voix posée sur un piano acoustique, d'autres basculent dans un zouk chaloupé, au son chaud du ukulélé, avec des couleurs afrobeat. Ses chansons évoquent Mindelo, les tourments de la vie amoureuse, mais aussi des sujets durs comme les ravages du crack dans un archipel pauvre.
Céuzany Pires rêve désormais de faire rayonner la musique cap-verdienne à l'international. Avec un album qui allie féminisme, engagement et modernité, la jeune génération du Cap-Vert tient sans doute l'une de ses ambassadrices les plus prometteuses.
Gédem's Francklin EDOUARD
CHEF DE RÉDACTION DU JOURNAL LA MAISON
D'après l'AFP, France 24, RTBF, Le Quotidien et TV5Monde.

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