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Conférence de la Paix pour Haïti : au Sénat, la diaspora parle d'avenir

Le 9 octobre, à l'initiative de Jessie Claude et de son équipe, la diaspora haïtienne s'est réunie au Sénat pour la Conférence de la Paix pour Haïti, en présence du ministre Jean-Noël Barrot, de l'ambassadeur Louino Volcy et de représentations de la Caraïbe et d'Amérique latine.

Gédem's Francklin EDOUARD

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Gédem's Francklin EDOUARD

Published 

Oct 12, 2026

Conférence de la Paix pour Haïti : au Sénat, la diaspora parle d'avenir

Photo de couverture : Judith Litvine / Georges Alexandre

Le 9 octobre, la diaspora haïtienne s'est donné rendez-vous au Sénat pour la Conférence de la Paix pour Haïti. Une journée pensée non comme une fin, mais comme un point de départ, en présence du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et de plusieurs représentations diplomatiques de la Caraïbe et d'Amérique latine.

Paris, 9 octobre 2026. — C'est au Palais du Luxembourg, siège du Sénat, que s'est tenue vendredi la Conférence de la Paix pour Haïti, à l'initiative de Jessie Claude et de son équipe. Un rendez-vous voulu par la diaspora pour parler de paix, mais surtout d'avenir.

L'amphithéâtre du Sénat pendant la première table ronde de la Conférence de la Paix pour Haïti
L'amphithéâtre du Sénat pendant la première table ronde, « Sécuritaire & Humanitaire », modérée par Achim Lippold (RFI), avec Gaby Étienne-Jean et Ludjinie Elien.

Ne rien minimiser, ne plus attendre

Les discours d'ouverture ont donné le ton, sans détourner le regard des blessures du passé : « L'histoire portant son lot d'injustices, l'histoire portant son lot de souffrance, il n'est aucune de celles-ci qui doivent être minimisées, ni ignorées. Bel et bien présentes, aucune action ne pourra les invisibiliser. »

Les problématiques que traverse Haïti sont nombreuses, reconnaît l'organisatrice. Mais pour Jessie Claude, il faut désormais tenter d'initier et de proposer : « Nous ne pouvons plus attendre, le peuple qui souffre dans le pays n'en peut plus d'attendre ! »

Un début, pas une fin

« Parce qu'il est temps que le mot paix aille avec Haïti », la conférence se veut la rampe de lancement d'une dynamique pacificatrice et coopérative. Ses initiateurs l'assument : tout ce qui reste à faire ne peut se définir en une journée, ni seul. « Elle n'est pas une fin, mais un début. »

Le public de la Conférence de la Paix pour Haïti dans l'amphithéâtre du Sénat
Dans l'amphithéâtre du Sénat, un public venu de tous horizons.

Jean-Noël Barrot : « la France se tiendra aux côtés d'Haïti »

Le gouvernement français a honoré la conférence de la présence du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Une présence saluée par Jessie Claude comme « un soutien considérable et historique dans les relations séculaires qui unissent Haïti et la France ». Et de conclure : « Ces nations ont une histoire certes, mais elles ont surtout un avenir à construire ! »

Photo officielle devant le Palais du Luxembourg, siège du Sénat, le 9 octobre 2026
Devant le Palais du Luxembourg, le 9 octobre 2026. Photo : Judith Litvine / Georges Alexandre.

Le discours du ministre a pris des allures de véritable rapport. Jean-Noël Barrot a passé en revue l'ensemble des dispositifs mis en place par la France pour accompagner Haïti : formation des forces armées et de la police, soutien aux écoles, appui dans de nombreux autres domaines. Lucide, il a reconnu que l'élection prévue en décembre pourrait ne pas se tenir à la date annoncée. Mais il l'a réaffirmé : la France soutient tous les efforts en faveur d'Haïti et se tiendra toujours à ses côtés.

Béatrice Bellay, une voix de la Martinique pour Haïti

Autre moment fort de la journée, le discours de la députée de la Martinique Béatrice Bellay, très attachée à Haïti, a profondément touché la salle. Elle a rappelé qu'Haïti avait donné le ton à tous les peuples noirs. Si le pays traverse aujourd'hui des moments difficiles, a-t-elle souligné, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et l'ensemble des outre-mer connaissent les mêmes difficultés, avec simplement un peu plus de développement. Et tous, a-t-elle assuré, soutiennent Haïti et les Haïtiens de tout cœur.

Béatrice Bellay, députée de la Martinique, à la tribune de l'amphithéâtre du Sénat
Béatrice Bellay, députée de la Martinique, à la tribune.

La Caraïbe et l'Amérique latine au rendez-vous

Plusieurs représentations diplomatiques ont répondu présent : les ambassades du Chili, du Brésil, du Guatemala, du Honduras, du Salvador et de la Colombie en France, ainsi que l'ambassade de la Jamaïque en Belgique et auprès de l'Union européenne, représentée par Mme Diedre Mills, venue de Bruxelles. Jessie Claude a adressé à ces États voisins « une sincère et profonde reconnaissance ».

Son Excellence Louino Volcy, ambassadeur d'Haïti en France, a lui aussi marqué l'événement de sa présence et de son soutien, donnant à la conférence une portée considérable.

Les premiers rangs de l'assistance dans l'amphithéâtre du Sénat
Les premiers rangs de l'assistance, attentifs tout au long des échanges.

Deux tables rondes, des propositions sur la table

Après les discours officiels, place aux échanges. Deux tables rondes se sont succédé dans l'amphithéâtre. La première, consacrée aux enjeux sécuritaires et humanitaires et modérée par le journaliste de RFI Achim Lippold, réunissait l'écrivain Gaby Étienne-Jean et Ludjinie Elien, coprésidente de l'association ESPWA. La seconde, consacrée aux perspectives économiques et démocratiques, était animée par le journaliste et romancier haïtien Philomé Robert, de France 24. Elle rassemblait l'économiste haïtien Etzer Émile, intervenu depuis Haïti par visioconférence, et le professeur Samuel Pierre, venu du Canada, professeur titulaire à Polytechnique Montréal et fondateur de l'Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d'Haïti (ISTEAH).

L'intervention de Gaby Étienne-Jean s'est appuyée sur un solide travail de recherche, salué par l'assistance, sur la situation sécuritaire, les déplacés et les populations qui subissent la violence. Il a notamment tenu à une distinction de fond : il ne faut pas parler de « gangs », mais de « groupes armés », tant ces structures sont organisées.

Au cours de cette première table ronde, une carte de l'emprise des groupes armés et des ressources agricoles du pays a été projetée, présentée comme une synthèse indicative d'octobre 2026. Elle montre une réalité souvent oubliée : la violence s'étend aussi sur les terres qui nourrissent Haïti, de la vallée de l'Artibonite, grenier à riz du pays, à la plaine du Cul-de-Sac.

Carte projetée : emprise des groupes armés et ressources agricoles en Haïti, octobre 2026
La carte de l'emprise des groupes armés et des ressources agricoles, projetée lors de la table ronde « Sécuritaire & Humanitaire ».

Lors de la seconde table ronde, le professeur Samuel Pierre, érudit et savant haïtien aux multiples engagements, a porté le volet scientifique et technique. Il a insisté sur le fait qu'Haïti a toujours sa carte à jouer, dans l'informatique comme dans les sciences, notamment à travers ses écoles techniques et universitaires. Pour lui, il faut dépasser les clivages politiques et conjoncturels afin de ramener Haïti au cœur de la scène internationale.

L'assistance suit la présentation de l'ISTEAH sur les écrans de l'amphithéâtre
Seconde table ronde : l'assistance suit la présentation de l'ISTEAH, l'institut fondé par Samuel Pierre.

Sous la bannière de l'ISTEAH, une présentation a également porté sur « l'initiative citoyenne en faveur de la sécurité haïtienne ». Le manifeste de l'ICiSP pose un principe clair : « La solution au problème d'insécurité en Haïti doit provenir du peuple haïtien, avec l'appui de ses vrais alliés. » Parmi les pistes avancées, une mobilisation citoyenne à travers le service civique mixte obligatoire (SCMO), prévu par l'article 52-3 de la Constitution de 1987.

Béatrice Bellay à la tribune ; à la table, Philomé Robert et Samuel Pierre, devant la diapositive de l'initiative citoyenne pour la sécurité haïtienne (ICiSP)
Béatrice Bellay à la tribune ; à la table, de gauche à droite, Philomé Robert et Samuel Pierre. À l'écran, l'initiative citoyenne en faveur de la sécurité haïtienne (ICiSP).

L'ISTEAH a aussi mis en avant ce qu'il présente comme les fondamentaux du développement humain : l'École fondamentale Anne-Nelly Saint-Preux (150 élèves, 7 classes) et le Centre de la petite enfance Paul-Gérin-Lajoie (125 enfants, 3 niveaux).

Diapositive de l'ISTEAH : École fondamentale Anne-Nelly Saint-Preux et Centre de la petite enfance Paul-Gérin-Lajoie
« Les fondamentaux du développement humain » : l'École fondamentale Anne-Nelly Saint-Preux et le Centre de la petite enfance Paul-Gérin-Lajoie, présentés par l'ISTEAH.

Nous reviendrons en détail sur ces travaux dans la deuxième partie de notre compte rendu.

Au Sénat, grâce à Rachid Temal

La tenue de la conférence au Palais du Luxembourg doit beaucoup au sénateur Rachid Temal. Jessie Claude a tenu à remercier son « ami, collègue et soutien », ainsi que ses équipes, sans l'engagement desquels l'événement n'aurait pu voir le jour.

Le public de la Conférence de la Paix pour Haïti au Palais du Luxembourg
Le public de la conférence, au Palais du Luxembourg.

Une belle conférence pour la paix

C'est le professeur Jean-Marie Théodat, géographe et grand témoin de la rencontre, qui a clôturé la conférence.

Le Journal La Maison salue le travail de Jessie Claude et de son équipe, qui ont su réunir sur une même tribune des acteurs venus d'horizons différents, devant un public nombreux, divers et bon enfant. Cette première partie, consacrée aux discours officiels, ouvre une série. La suite est à découvrir dans nos prochaines éditions.

Photos : Gédem's Francklin EDOUARD, chef de rédaction du Journal La Maison, sauf mention contraire.

Gédem's Francklin EDOUARD / CHEF DE RÉDACTION DU JOURNAL LA MAISON

Commentaires des lecteurs

Julien Anel
October 10, 2026
Le Gré pour renforcer le système éducatif en Haïti, C'est quelque chose qu'il nous a fallu depuis bien des années. Son excellence Mme Maherline ANTOINE avait insisté non seulement sur la Bonne éducation,mais elle en profite de toucher un point essentiel,c'est à complimenter , ( l'évolution de la technologie). "L'éducation c'est l'Arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde" — Nelson Mandela
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