À la Porte de Saint-Ouen, EDE a célébré samedi ses cinq ans d'existence en France, entre gala d'anniversaire, présentation de sa coordination et mobilisation autour de la candidature de Claude Joseph.

Samedi 26 septembre 2026, 17 h 30. À la Porte de Saint-Ouen, la ligne 13 déverse ses voyageurs. À la sortie de Garibaldi, les silhouettes se dispersent avant de converger vers l'hôtel Mercure. Les voitures déposent leurs passagers devant l'établissement ; ceux venus par le métro remontent de la station et gagnent à leur tour le hall.

Les hommes sont en costume, certains arborent le nœud papillon de rigueur. Les femmes affichent des toilettes soigneusement choisies. Élégance et apprêt semblent avoir été les maîtres mots de cette fin d'après-midi.
Dans le hall, deux compatriotes vêtues aux couleurs d'EDE s'activent à l'accueil. Elles orientent les arrivants, vérifient les inscriptions, échangent quelques mots. Peu à peu, un public éclectique se constitue : journalistes, diplomates, hommes d'affaires, entrepreneurs, étudiants et travailleurs sociaux venus des quatre coins de France.
Les retrouvailles vont bon train. Une poignée de main, une accolade, quelques nouvelles échangées. Et, inévitablement, les conversations reviennent vers Haïti.

Car derrière les habits de fête, la politique n'est jamais bien loin. EDE vient de désigner Claude Joseph comme candidat à une élection présidentielle dont la date n'est toujours pas fixée. Cette désignation s'est faite dans un contexte de fortes frictions internes. Ce soir, pourtant, les tensions semblent reléguées à l'arrière-plan.
18 h 30. L'affluence s'intensifie. Les derniers arrivants se pressent vers les espaces réservés à la cérémonie. Des militants de la première heure côtoient des jeunes sympathisants, des étudiants et de jeunes femmes particulièrement apprêtées. Les couleurs d'EDE ponctuent les lieux.
L'atmosphère est détendue, presque familière. Par moments, elle rappelle celle d'une grande réunion de camarades. Devant la buvette, les commentaires vont bon train sur la situation en Haïti. Chacun a son analyse, son inquiétude, son espoir. Les journalistes observent et prennent des notes.
Puis la musique vient interrompre les discussions. L'artiste Niko monte sur scène et réveille une assistance qui commençait à trouver le temps long. Quelques mouvements gagnent les premiers rangs. Les conversations se taisent. Le rythme s'installe.
Vient ensuite le temps des interventions. Les différents orateurs respectent le cadre fixé par l'organisation. La coordination d'EDE en France entend démontrer qu'elle sait recevoir, communiquer et mettre en scène ses rendez-vous. Accueil, présentation, communication : rien ne semble laissé au hasard. Le professionnalisme affiché participe à la réussite de cette célébration.

Puis vient la présentation de l'équipe dirigeante. L'animateur prend la parole : « Maintenant, j'ai le plaisir de vous présenter les différents membres de la coordination qui, sans leur engagement et leur détermination, n'auraient pas permis à ce gala d'anniversaire de voir le jour. Je vous demande donc de les applaudir chaudement. »
Les noms sont annoncés l'un après l'autre : Kérish Roussel, coordinatrice adjointe ; Oslet Prosper, responsable des affaires politiques ; Mackenson Antoine, responsable des finances ; Mélissa Maurisset, responsable de la communication ; Johnson Phycien, responsable de la jeunesse ; Ronuald Eliacin, responsable de la commission des affaires étrangères ; Kenson Cyle, responsable de la commission des affaires sociales ; et les conseillers Oneles Francisque, Jordany Pierre et Daniel Nelson.
Les applaudissements accompagnent chaque présentation. À travers cette équipe, EDE entend montrer qu'il dispose désormais en France d'une organisation structurée, avec ses responsables, ses commissions et ses relais.
Le discours se tourne alors vers l'avenir : « Au-delà de ce gala, il s'agit d'un véritable engagement que nous allons poursuivre pour le rayonnement de notre parti en France. Et je suis honoré d'avoir à mes côtés une équipe très dynamique, solidaire et visionnaire. Ce que nous avons accompli aujourd'hui n'est que le début d'une aventure qui s'annonce longue et prometteuse. »
Les applaudissements couvrent les derniers mots.

Dans cet hôtel de la Porte de Saint-Ouen, EDE célèbre son anniversaire tout en affichant ses ambitions. Le choix de Claude Joseph comme candidat vient de donner une nouvelle dimension à la mobilisation de ses partisans en France, même si le calendrier de la présidentielle reste encore incertain.
Pour cette soirée, les querelles internes sont restées hors champ. Les costumes, la musique, les discours et les retrouvailles ont occupé la scène. Une manière, aussi, de rappeler qu'en politique, la fête peut parfois servir de parenthèse avant le retour aux batailles.

Chaque génération haïtienne apporte ses couleurs, ses fidélités et ses affinités politiques. En France, cette histoire de la diaspora s'est aussi écrite au gré des rassemblements et des figures qui, à différentes époques, ont su fédérer autour de leur nom et de leur vision.
Il fut un temps où le RDNP de Leslie Manigat occupait une place importante dans cet espace politique. Avant lui, les hommes de Serge Gilles avaient marqué de leur empreinte la communauté haïtienne de France. Plusieurs courants et organisations issus de cette mouvance y ont trouvé un espace d'expression et de structuration, notamment le Front Charlemagne Péralte et l'IFOPADA.
Ce rappel historique prend tout son sens ce samedi soir à la Porte de Saint-Ouen. Car au-delà de la célébration des cinq ans d'EDE, la réunion du Mercure donne à voir une nouvelle génération de militants et de sympathisants qui se reconnaissent désormais dans les couleurs du parti de Claude Joseph.
Il suffit de regarder la salle pour mesurer cette évolution. Des militants de la première heure côtoient des étudiants, de jeunes professionnels, des entrepreneurs, des travailleurs sociaux et des sympathisants venus de différentes villes de France. Les conversations vont bon train, les accolades se multiplient et, autour de la buvette comme dans les couloirs, la politique haïtienne reste le sujet dominant.
La soirée prend ainsi une dimension qui dépasse le simple anniversaire. Elle devient, presque malgré elle, une photographie de la recomposition des affinités politiques au sein de la diaspora haïtienne en France.
Hier, d'autres formations occupaient le devant de la scène. Ce soir, ce sont les couleurs d'EDE qui dominent la salle du Mercure. La forte mobilisation autour des cinq ans du parti témoigne en tout cas de l'existence d'un réseau de militants et de sympathisants que ses responsables cherchent désormais à structurer et à élargir.
Dans cette salle de la Porte de Saint-Ouen, entre les discours, les applaudissements et les retrouvailles, une page semble donc se tourner tandis qu'une autre cherche à s'écrire. La fête d'anniversaire devient ainsi le miroir d'une diaspora politique en perpétuel renouvellement.
Photos : Gédem's Francklin EDOUARD, chef de rédaction du Journal La Maison

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