Au stade Bauer de Saint-Ouen, les Grenadières se sont fait corriger par le Japon (5-1) en match amical ce vendredi 9 octobre. Une leçon de football des championnes du monde 2011, mais une soirée portée par une diaspora haïtienne venue en nombre, fanfare en tête.

Au stade Bauer de Saint-Ouen, les Grenadières se sont fait corriger par le Japon (5-1) ce vendredi soir en match amical. Une leçon de football infligée par les championnes du monde 2011, mais une soirée qui restera aussi celle d'une diaspora haïtienne venue en nombre, fanfare en tête, pour porter son équipe jusqu'au bout.
Saint-Ouen, 9 octobre 2026. — Le score est sévère, mais il dit la réalité du terrain. Face à des Nadeshiko d'une efficacité redoutable, la sélection haïtienne de Pia Sundhage a subi la loi d'une équipe japonaise plus rapide, plus précise et plus réaliste. Les Japonaises ont pris l'ascendant très tôt et menaient déjà 3-1 aux alentours de la pause, avant d'alourdir la marque en seconde période pour s'imposer 5-1.
Dès les premières minutes, les Nadeshiko ont pris le contrôle du jeu. Technique, vitesse de passe, réalisme devant le but : la formation de Michihisa Kano a déroulé le football qui a fait sa réputation. Malgré l'engagement de la capitaine Nerillia Mondesir, de Melchie Dumornay et de Kethna Louis au milieu, les Grenadières ont souvent couru derrière le ballon.
Haïti a pourtant su trouver la faille une fois, preuve que l'équipe n'a jamais renoncé. Et c'est sur les coups de pied arrêtés que les Grenadières se sont montrées les plus dangereuses : les phases arrêtées ont semé le doute dans la surface japonaise. Un point positif à retenir pour la suite, face à une adversité qui, dans le jeu, ne leur a laissé que peu d'espaces.
En seconde période, les deux bancs ont procédé à plusieurs changements. Côté haïtien, Amandine Pierre-Louis (n° 14) et Darlina Joseph (n° 15) ont fait leur entrée pour apporter de la fraîcheur. Le Japon, lui, a fait tourner son effectif sans perdre en intensité, avec notamment l'entrée d'Aoba Fujino. Les Japonaises ont encore trouvé le chemin des filets à deux reprises pour sceller le score.
Si le tableau d'affichage a souri au Japon, les tribunes, elles, étaient haïtiennes. Venus nombreux, des supporters de tous âges et de toutes origines, mais en grande majorité issus de la communauté haïtienne, avaient fait le déplacement pour soutenir l'équipe nationale. Drapeaux bleu et rouge, maillots de la sélection, enfants accoudés à la rambarde : le stade Bauer avait des airs de fête nationale.
Au cœur de cette ferveur, une fanfare a fait vibrer l'enceinte du début à la fin : sousaphone, trombones, trompettes et graj ont rythmé chaque action, chaque corner, chaque relance. Même menées au score, les Grenadières n'ont jamais joué dans le silence. Le long de la pelouse, les panneaux « Paryaj Lakay » rappelaient, eux aussi, que ce soir-là, Saint-Ouen parlait un peu créole.
Au-delà du score, ce match face à l'une des meilleures nations du football féminin mondial reste une précieuse étape de préparation pour une sélection haïtienne qui continue de se construire depuis sa première Coupe du monde, en 2023. Les Grenadières n'auront pas le temps de ruminer : elles enchaînent dès le mardi 13 octobre avec un second match amical face à l'Australie. Le Japon, de son côté, se rendra le même jour à Brême pour y défier l'Allemagne.
Battues mais soutenues, les Grenadières repartent de Saint-Ouen avec une certitude : partout où elles joueront, la diaspora sera là. Et c'est peut-être cela, aussi, l'image d'une Haïti qui refuse de baisser les bras.
Photos et vidéos : Gédem's Francklin EDOUARD, chef de rédaction du Journal La Maison
Gédem's Francklin EDOUARD / CHEF DE RÉDACTION DU JOURNAL LA MAISON

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