À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre, l’éducatrice Maherline Antoine appelle à renforcer la formation continue des enseignants en Haïti, indispensable selon elle pour améliorer la qualité de l’apprentissage.

À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre, l’éducatrice Maherline Antoine tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de renforcer la formation continue des enseignants en Haïti. Dans un système éducatif confronté aux mutations technologiques et aux nouveaux besoins des élèves, elle estime que mieux former les enseignants est indispensable pour améliorer la qualité de l’apprentissage.
Port-au-Prince, 8 octobre 2026. — Célébrée chaque année le 5 octobre, la Journée mondiale des enseignants est l’occasion de reconnaître le rôle essentiel des éducateurs dans la construction des sociétés. En Haïti, cette journée offre également un espace de réflexion sur les conditions d’exercice du métier et sur les moyens de renforcer la qualité de l’enseignement.
Pour Maherline Antoine, l’un des enjeux majeurs réside dans la capacité des enseignants à continuer d’apprendre tout au long de leur carrière. « L’éducation est une activité en constante évolution », rappelle-t-elle, soulignant l’impact des avancées technologiques et des nouvelles approches pédagogiques sur le métier.
Dans un environnement éducatif en perpétuelle transformation, la formation initiale ne saurait, selon l’éducatrice, suffire à répondre à tous les défis rencontrés en classe.
« La formation continue permet à nos enseignants non seulement de rester connectés à tous les derniers ajouts, mais aussi aux dernières tendances et aux meilleures pratiques dans le domaine », explique Maherline Antoine.

Elle estime que cette démarche permet aux enseignants d’élargir leur « boîte à outils pédagogique », en découvrant de nouvelles techniques d’enseignement, des stratégies de gestion de classe et des méthodes d’évaluation plus efficaces. La formation continue peut également, selon elle, favoriser l’innovation et la créativité, tout en renforçant la motivation et l’engagement professionnel des enseignants.
« Tant on est mieux formés, tant on offre un travail de qualité et cela se reflète sur les résultats de nos apprenants », soutient-elle.
Pour Maherline Antoine, l’enjeu dépasse toutefois la simple acquisition de nouvelles connaissances. Il s’agit aussi de permettre aux enseignants de mieux répondre à la diversité des apprenants, notamment face aux défis technologiques et académiques.
« Chaque élève est unique, avec des besoins et un style d’apprentissage différent », rappelle l’éducatrice.
Elle appelle ainsi le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), les responsables d’établissements scolaires et les enseignants à faire de la formation continue une véritable priorité.
« Nous encourageons le MENFP, les responsables d’école et les enseignants à repenser l’enseignement et à mettre un peu plus de rigueur sur la question de la formation continue de nos enseignants », plaide-t-elle.
À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, Maherline Antoine invite donc à dépasser les discours de circonstance pour réfléchir aux investissements nécessaires dans le développement professionnel des éducateurs. Pour elle, la modernisation de l’école haïtienne passe aussi par la capacité à mieux préparer ceux qui sont au quotidien au contact des élèves.
« Trouver des moyens créatifs de rendre moderne l’enseignement haïtien. Cela créera un environnement d’apprentissage plus dynamique et stimulant pour nos élèves », conclut-elle.
Maherline Antoine est détentrice d’une licence en sciences de l’éducation (philosophie et lettres). Elle enseigne les sciences sociales, la philosophie, l’histoire de la littérature, l’anglais et le français. Sa passion, a-t-elle confié, c’est l’enseignement de l’éducation à la citoyenneté, une matière selon elle capable de transformer à la base la mentalité de la jeunesse haïtienne.
Jean Junior Joseph
Correspondant du Journal La Maison à Port-au-Prince

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