Reçu à l'Élysée par Emmanuel Macron, le pape Léon XIV a salué la France, mais il a aussi glissé plusieurs piques diplomatiques sur la fin de vie, la laïcité et l'école catholique.

Pour sa première visite à Paris, Léon XIV a multiplié les marques de respect envers la France. Mais derrière la courtoisie, plusieurs passages de ses discours ont sonné comme des rappels adressés au pouvoir.

Le pape Léon XIV est venu à Paris les 25 et 26 septembre 2026, première étape de son voyage apostolique en France, qui s'est achevé le 28 septembre à Metz. Accueilli à Orly, il s'est entretenu en tête-à-tête avec Emmanuel Macron, puis s'est adressé aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique à l'Élysée, avant de se rendre à l'UNESCO.
Le lendemain, il a visité la Maison Bakhita, un centre d'accueil pour personnes migrantes, rencontré des catéchumènes à l'Institut catholique, puis présidé une messe en plein air place de la Concorde et sur les Champs-Élysées.
Le Vatican chiffre à environ 800 000 le nombre de personnes réunies pour la messe, entre l'Étoile et la Concorde. La veille, la traversée de Paris avait déjà rassemblé 300 000 personnes, puis 80 000 jeunes l'ont accueilli au Stade de France : au total, près de 1,2 million de personnes sur les deux jours, selon le Vatican.
Dès l'Élysée, le pape a exprimé sa préoccupation face aux dérives de sociétés qui risquent de transformer la science en entreprises lucratives : manipulations génétiques, gestation pour autrui, achat d'organes ou encore « l'offre d'une mort programmée ». Il a aussi réaffirmé que la protection du droit à la vie est le fondement de tous les autres droits humains.
Devant des sénateurs opposés à la loi sur l'aide à mourir, votée le 15 juillet dernier, ces mots ont été lus comme une critique très diplomatique du texte, sans que le pape ne le cite directement.
Le dimanche 27 septembre à Lourdes, il a été beaucoup plus direct. Jugeant impossible de considérer comme normal de donner la mort, il a lancé : « Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral », deux mois après le vote du Parlement.

Emmanuel Macron avait plaidé pour une laïcité ouverte, qui n'exclut pas l'expression publique des religions. Le pape a acquiescé, puis est allé plus loin : selon lui, une juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l'espace public ni de l'éducation, et l'école catholique a toute sa place dans le paysage scolaire français. Un message qui tombe alors que le « caractère propre » de l'enseignement privé sous contrat est régulièrement remis en question.
Il a ajouté qu'un chrétien engagé dans la vie publique, agissant selon sa conscience, ne peut pas être vu comme un prosélyte ni comme une menace pour l'unité de la patrie.
Sur le mariage et les couples de même sexe, la position de Léon XIV est connue. Le 23 avril dernier, dans l'avion du retour d'Afrique, il a rappelé que le Saint-Siège n'est pas d'accord avec la bénédiction formalisée des couples homosexuels, tout en soulignant que l'unité de l'Église ne doit pas tourner autour des questions sexuelles et que toutes les personnes sont les bienvenues.
Le pape n'a pas attaqué personnellement le président. Il a aussi rendu hommage à la France, dont il a salué la vocation à rester un artisan de paix et de multilatéralisme, face aux bruits de bottes dans le monde. De son côté, l'Élysée retient surtout un dialogue centré sur le climat et l'intelligence artificielle.
Pour La Libre, le souverain pontife procède en deux temps : un ton plus doux à Paris, plus ferme à Lourdes.

Gédem's Francklin EDOUARD
CHEF DE RÉDACTION DU JOURNAL LA MAISON
D'après Vatican News, La Libre, Public Sénat, RTBF, franceinfo, Omnes et l'Élysée.

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