Le tableau le plus cher de l'histoire, vendu 450 millions de dollars en 2017, serait l'œuvre de Giovanni Boltraffio, disciple de Léonard de Vinci, à 81 % de probabilité. C'est la conclusion du chercheur brésilien Átila Soares da Costa Filho et de son logiciel d'intelligence artificielle Luminari.

Vendu 450 millions de dollars en 2017, le Salvator Mundi reste l'œuvre la plus chère de tous les temps. Mais est-il vraiment de Léonard de Vinci ? Une analyse menée par intelligence artificielle penche pour un autre nom : celui de son disciple Giovanni Boltraffio.
Le chercheur et auteur brésilien Átila Soares da Costa Filho, diplômé en design industriel de l'Université catholique pontificale de Rio de Janeiro — une référence en Amérique latine dans le développement des technologies de l'information — et spécialiste de l'histoire de l'art comme du rapport entre art et technologie, présente l'une de ses expériences les plus récentes autour du très controversé Salvator Mundi.
Longtemps considérée comme perdue, la peinture est parfois attribuée au génie de la Renaissance, Léonard de Vinci, et souvent datée entre 1506 et 1513, en lien avec une commande du roi Louis XII. Après d'importantes restaurations, rendues nécessaires par les graves dommages et altérations subis au fil des siècles, le Salvator Mundi a été adjugé en 2017 chez Christie's pour 450 millions de dollars, acquisition attribuée au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dans un climat de vives polémiques. Le tableau serait aujourd'hui conservé dans un coffre-fort à Genève, en attendant d'être exposé de façon permanente dans une salle spécialement aménagée.

Átila Soares avait déjà analysé ce tableau au moyen d'un logiciel expérimental, Luminari, qui utilise l'intelligence artificielle pour déterminer l'auteur d'une œuvre d'art, dessin ou peinture. Le défi consistait alors à créer un algorithme « entraîné » à repérer des compatibilités entre des données croisées, extraites de la production d'un peintre ou d'un dessinateur, en analysant son modus operandi dans son ensemble. Sur la base de ces paramètres mathématiques, le programme évaluait l'œuvre à travers un système de réseaux neuronaux convolutionnels.
À mesure que les recherches s'élargissaient, les résultats devenaient plus prometteurs. Aujourd'hui, Átila Soares présente de nouvelles données, issues d'une mise à jour de la technologie qui intègre notamment un équilibrage « intelligent » des jeux de données d'entraînement et de test. « Il s'agit d'un outil qui enrichit l'arsenal, déjà vaste, dont dispose le connaisseur pour authentifier une œuvre. L'avenir de l'humanité est indéniablement l'intelligence artificielle, et le travail d'attribution dans le domaine des arts n'en sera pas exclu », explique-t-il.
L'un des apports de la méthode, selon le chercheur, est de répondre au défi des artistes peu prolifiques, dont la production n'atteint pas un nombre suffisant d'œuvres à analyser. Léonard ne compte ainsi que quinze peintures universellement reconnues, quand Picasso en a réalisé environ 50 000. Le système est conçu pour prévoir ce cas de figure et fournir malgré tout une réponse. La formule, technique privée et exclusive, est protégée par des droits de propriété intellectuelle.
Appliquée à des peintures de Rembrandt et de son entourage, cette technologie a obtenu ce mois-ci l'approbation du comité de lecture de la revue Conservation Science in Cultural Heritage, dans son édition n° 25 (consulter l'article). Átila Soares siège au conseil scientifique de cette revue académique internationale, éditée par Gangemi Editore (Rome) et l'Alma Mater Studiorum – Université de Bologne, en collaboration avec l'Université de Rome « La Sapienza » et les universités de Bari, Palerme et Séville.
En mai 2025, les résultats de la mise à jour du logiciel avaient été présentés à Brescia, lors de l'événement DOMINUS MUNDI, devant certaines des plus grandes autorités mondiales sur Léonard de Vinci. Átila Soares y avait exposé ses recherches sur une sanguine du cercle de Léonard, appartenant à une collection privée italienne.
Pour le Salvator Mundi, les tests indépendants de Luminari ont exigé des procédés supplémentaires : une reconstitution « intelligente » du tableau dans l'état où il se trouvait avant les restaurations successives, grâce à une nouvelle génération de tokens internes et à plus de 10 milliards de paramètres. L'expérience est donc partie de l'état originel de l'œuvre, antérieur à toute intervention. C'était la seule façon d'écarter les spéculations sur d'éventuelles altérations dues à des restaurations moins compétentes, susceptibles de fausser le résultat.
Une nouvelle I.A. allemande, choisie pour compléter les tests, a par ailleurs mis en évidence une forte compatibilité entre les traits physionomiques du Salvator reconstitué et ceux qu'avait dégagés la restauratrice Dianne Modestini, qui a travaillé sur le tableau entre 2007 et 2013.
Le verdict de l'analyse du tableau « in natura » : une probabilité de 81 % en faveur de Giovanni Antonio Boltraffio (1466 ou 1467 – 1516), peintre milanais, disciple actif et contemporain de Léonard. Selon la méthode, un indice de compatibilité de 75 % avec un auteur suffit déjà à considérer une attribution comme établie.
Fait notable, l'I.A. indique aussi que le Salvator pourrait avoir reçu une contribution directe de Léonard lui-même, signe d'une étroite supervision du maître. Le modèle dresse en effet la liste des autres artistes de la même école susceptibles d'avoir influencé l'œuvre, ou, dans une moindre mesure, d'en être l'auteur unique, par ordre décroissant de proximité. Dans le cas du Salvator Mundi, le nom de Léonard — dont les valeurs n'ont pas été divulguées — apparaît immédiatement après celui de Boltraffio.
Malgré l'enthousiasme suscité par le projet, Átila Soares s'en tient à une position mesurée : « Tout ce qui concerne le travail avec l'I.A., bien que très pertinent, doit être replacé dans son juste contexte. Contrairement à l'idée courante qui lui prête un rôle absolu, ce n'est qu'un des outils qui, combinés, nous rapprochent de la vérité avec le plus de sagesse et d'impartialité possible. Et pourtant, même avec ses possibles distorsions, l'I.A. possède un modus pensandi programmé pour repérer des éléments capables d'élargir la base de toute recherche, y compris à des niveaux cognitifs que la perception humaine, limitée, ne peut atteindre. »
PDG de Luminari, système d'authentification des œuvres d'art fondé sur l'intelligence artificielle, Átila Soares da Costa Filho est connu pour avoir reconstitué par I.A. le visage de la Vierge Marie à partir du Saint Suaire, et pour avoir identifié la présence de cette relique dans des œuvres de Léonard. Il est membre du conseil scientifique de la Mona Lisa Foundation (Zurich), de la Fondazione Leonardo da Vinci (Milan), du projet L'Invisibile nell'Arte avec le Comitato Nazionale per la Valorizzazione del Patrimonio Storico, Culturale e Ambientale (Rome), du Centro Studi Leonardeschi (Varèse) et de la revue Conservation Science in Cultural Heritage.
Gédem's Francklin EDOUARD / CHEF DE RÉDACTION DU JOURNAL LA MAISON

Milot dans le Nord, Les Cayes dans le Sud : le ministre des Sports Pythagore Dumas a présenté le 14 octobre un projet de deux stades. Pour l'instant, seul le financement des études figure au budget 2026-2027.

Micros branchés, caméras en place, salle pleine : à 48 heures du concert ZILE, Anie Alerte a rencontré la presse ce jeudi 15 octobre. Rendez-vous samedi 17 octobre à l'Espace Chevreul de Nanterre, avec Antonny Drew, pour une grande nuit de musique haïtienne.

Le Conseil électoral provisoire a réuni, mardi 13 octobre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et les responsables des forces de sécurité pour évaluer les conditions sécuritaires nécessaires à l'organisation des prochaines élections générales.