Un vol charter a débarqué 82 ressortissants haïtiens menottés, avec plus de 7 heures de retard, au Cap-Haïtien. Le GARR dénonce des conditions de déportation inhumaines et alerte sur l'incapacité du pays à accueillir dignement ces retours.

Pendant que la diaspora en France se bat pour ses papiers, d'autres compatriotes sont renvoyés menottés, dans le déni total de leurs droits
Jeudi 10 septembre 2026, en pleine soirée et sous de fortes pluies, un vol charter de la compagnie Global X s'est posé au Cap-Haïtien avec plus de sept heures de retard sur son horaire prévu. À son bord : 82 ressortissants haïtiens expulsés par les services de l'immigration des États-Unis, les mains et les pieds liés à des menottes pendant tout le trajet. Parmi eux, une personne souffrante, une mère et son nourrisson.

Dans un communiqué publié le lendemain, le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) dénonce un traitement « inhumain » et une attitude « cruelle et complètement irresponsable » des autorités américaines. L'organisation pointe aussi une improvisation du côté haïtien : l'Office National de la Migration (ONM) avait préparé l'accueil de 71 personnes ; les services américains en ont finalement envoyé 11 de plus, sans en informer l'ONM.
Ce chiffre, en apparence technique, dit quelque chose d'essentiel : ces vols ne sont pas seulement des reconduites, ce sont des vies déplacées sans coordination, sans préparation, sans dignité.
Le GARR rappelle que ce type de traitement n'est pas isolé. À la frontière haïtiano-dominicaine, des personnes migrantes — parmi lesquelles des enfants non accompagnés, des femmes enceintes et d'autres groupes vulnérables — sont régulièrement expulsées après 16 heures, sans aucune structure d'accueil, en violation du protocole d'accord bilatéral de 1999.
Pour la diaspora haïtienne, en France comme en Italie et ailleurs, ces images renvoient à une contradiction douloureuse : d'un côté, les discours officiels sur « l'accueil » et « l'intégration » ; de l'autre, la réalité de compatriotes renvoyés menottés dans un pays où l'État lui-même reconnaît ne pas être en mesure de les recevoir dignement. Le GARR souligne que le contexte socio-économique haïtien rend les moyens d'accueil manifestement inadéquats pour répondre aux besoins humanitaires immédiats des personnes rapatriées — sans même parler de leur réinsertion sociale et économique.
L'organisation appelle l'État haïtien à négocier un moratoire avec les autorités américaines et à établir un protocole strict encadrant tout futur processus de rapatriement. Elle interpelle également Washington sur le respect des droits fondamentaux des ressortissants haïtiens, tout en rappelant que la seule issue durable reste la construction d'un climat de paix et de stabilité en Haïti.
Monette ÉTIENNE, depuis l'Italie
POUR LE JOURNAL LA MAISON

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Milot dans le Nord, Les Cayes dans le Sud : le ministre des Sports Pythagore Dumas a présenté le 14 octobre un projet de deux stades. Pour l'instant, seul le financement des études figure au budget 2026-2027.

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