Une image de l'ambassadeur Louino Volcy marchant derrière le ministre Jean-Noël Barrot, à la Conférence de la Paix pour Haïti, suscite la colère. Les faits racontent pourtant une autre histoire : tribune, premier rang, place réservée.

Depuis quelques heures, une image circule et fâche. On y voit Jean-Noël Barrot, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, ouvrir la marche aux côtés de Jessie Claude, conseillère régionale d'Île-de-France et organisatrice de la Conférence de la Paix pour Haïti, tandis que S.E. Louino Volcy, ambassadeur d'Haïti en France, suit un pas derrière. Pour certains, c'est une humiliation. Pour LA MAISON, les faits disent autre chose.

En diplomatie, l'ordre de marche obéit à des règles et non à des humeurs. Le ministre hôte avance aux côtés de l'organisatrice de l'événement. La délégation suit, ambassadeurs compris. Ce jour-là, l'ambassadeur d'Haïti marchait dans la ligne protocolaire, avec les autres représentants diplomatiques présents, venus notamment du Chili, du Brésil, de la Jamaïque, du Guatemala, du Honduras, du Salvador et de la Colombie. Marcher derrière, dans un couloir, n'est pas s'abaisser : c'est la place que le protocole attribue à chaque diplomate dans ce type de cortège.
Surtout, cette image ne raconte qu'une seconde de la journée. Nos photos montrent la suite : dans la salle, l'ambassadeur Volcy est assis au premier rang, directement aux côtés du ministre Barrot, avec qui il a eu un tête-à-tête pendant la conférence. Les places y sont nominatives et réservées. C'est là, assis, que le protocole s'exprime pleinement, et Haïti y occupe la place qui lui revient.

Lors de cette conférence pour la paix, tenue au Sénat le 9 octobre, l'ambassadeur Volcy a aussi pris la parole à la tribune parmi les orateurs officiels, avant l'intervention du ministre, prononcée avant l'ouverture des panels.

Juger une relation entre deux États sur un seul cliché, c'est prendre le cadre pour le tableau.
Tout ne relève pas de la méchanceté ou du mauvais goût. L'erreur est humaine, et une image sortie de son contexte peut dire tout autre chose que ce que l'on voulait montrer. Ce que nous publions ne révèle pas toujours ce que nous voulons dire réellement. Pour éviter les mauvaises compréhensions, il est judicieux de soigner ce que nous postons, sur les réseaux sociaux comme ailleurs : choisir la bonne photo, donner le contexte, et se demander, avant de partager, ce que l'image racontera à ceux qui n'étaient pas dans la salle.
Nous ne pensons pas, péremptoirement, que l'organisation aurait délibérément choisi de reléguer un pays pour lequel elle a choisi d'organiser une conférence pour la paix. Ce serait contradictoire et incohérent.
Cela ne signifie pas que la vigilance est inutile. La communauté haïtienne a raison d'exiger qu'Haïti soit traitée avec respect, et l'histoire entre nos deux pays rend cette exigence légitime. Mais notre colère doit porter sur ce qui compte : qu'a obtenu notre ambassadeur pour une Haïti plus sûre ? Quelles avancées pour les étudiants, pour les services consulaires, pour la diaspora ?
C'est sur ces résultats que nous jugerons notre diplomatie. Pas sur la longueur d'un pas dans un couloir.
Alors revenons au calme. Corrigeons les petites erreurs et avançons ensemble, pour le bonheur de tous.
Gédem's Francklin EDOUARD / CHEF DE RÉDACTION DU JOURNAL LA MAISON

Le tableau le plus cher de l'histoire, vendu 450 millions de dollars en 2017, serait l'œuvre de Giovanni Boltraffio, disciple de Léonard de Vinci, à 81 % de probabilité. C'est la conclusion du chercheur brésilien Átila Soares da Costa Filho et de son logiciel d'intelligence artificielle Luminari.

Milot dans le Nord, Les Cayes dans le Sud : le ministre des Sports Pythagore Dumas a présenté le 14 octobre un projet de deux stades. Pour l'instant, seul le financement des études figure au budget 2026-2027.

Micros branchés, caméras en place, salle pleine : à 48 heures du concert ZILE, Anie Alerte a rencontré la presse ce jeudi 15 octobre. Rendez-vous samedi 17 octobre à l'Espace Chevreul de Nanterre, avec Antonny Drew, pour une grande nuit de musique haïtienne.